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Colis GP, une révolution selon AM

  • 22 septembre 2018

Aliou Badara Niang est arrivé du Sénégal en France il y a dix ans, après son bac, dans le but de poursuivre ses études. Le jeune homme s’est alors retrouvé face à un souci: «Comment envoyer des colis au pays, entre les prix exorbitants des transporteurs et les délais démesurés de la Poste?», raconte-t-il à Afrique Magazine. Aliou se rend à l’aéroport Charles-de-Gaulle, afin de dénicher un compatriote charitable pour embarquer son colis dans ses bagages: «Je me suis rendu compte que tous les Africains vivant en France faisaient ça !

Étant ingénieur en informatique, je me suis demandé pourquoi ne pas développer une plate-forme dédiée à cette activité, en apportant formalisme et sécurité.» Et c’est ainsi qu’en 2015 a vu le jour la start-up Colis GP… «Aujourd’hui, nous avons 90000 utilisateurs, avec des points relais en Afrique pour rendre le service accessible à ceux qui sont rétifs aux technologies. Ces points relais nous permettent de toucher une commission.» Et d’enfin pouvoir vivre de cette activité. Car pour monter sa boîte, Aliou a dû se débrouiller tout seul: «J’y travaillais le soir et le week-end, en dehors de mes heures de bureau à la BNP. Tout était autofinancé. Je n’ai reçu aucune aide », précise-t-il, déplorant «le manque de structures d’accompagnement, d’aides financières et d’investisseurs qui croient en la jeunesse africaine».

Comme Aliou, des centaines de jeunes Africains ont créé leur propre start-up, sous le signe de la débrouillardise: très souvent, ces entrepreneurs ont trouvé l’idée géniale permettant de résoudre un problème concret, auquel eux-mêmes étaient confrontés. «On parle de problem solving companies», explique Haweya Mohamed, directrice générale d’Afrobytes, hub digital dédié à la tech africaine. «La jeunesse n’attend rien des pouvoirs publics, alors elle se prend en main, résout un problème et le transforme en business.

Ces solutions concrètes peuvent se résumer en un maître-mot: le « leap frog», le saut de grenouille, qui permettrait d’aller beaucoup plus vite en termes de développement, pour griller les étapes. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) peuvent en effet pallier les carences des États et des grands groupes privés en matière d’infrastructures, alors même que s’accroissent les besoins, du fait de l’explosion démographique et du consumérisme de la classe moyenne émergente. Ainsi, Colis GP résout un besoin l’acheminement postal.

Par Afrique Magazine